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Pas de retour de la confiance sans recours à l’éthique !

Selon François DUPUY, sociologue de renom auteur de « Lost in Management » et tout récemment de « La faillite de la pensée managériale », la coopération dans les organisations est tout sauf naturelle. Dans le contexte sociologique actuel, un défi de taille se présente : comment arriver à faire travailler comme on le souhaite une population dont la stratégie dominante est le retrait du travail ? Les entreprises y ont répondu par la coercition, mot « épouvantable » que François DUPUY définit comme le trio infernal des process, indicateurs de performance et  systèmes de reporting. L’objectif étant d’enserrer le travail humain dans une série de techniques qui devraient permettre d’en assurer le contrôle. Or le résultat produit est l’inverse, la perte de contrôle. Les observateurs les plus avisés en ont conscience et se demandent comment arrêter cette machine infernale, qui semble échapper à ses géniteurs.

François DUPUY observe que les entreprises les plus avancées recherchent des solutions qui favorisent le retour de la confiance au travail et la communauté d’intérêt. Dès lors, en réponse à la question cruciale « comment obtenir la confiance ? », s’impose le recours à l’éthique, définie comme l’acceptation de la réduction de l’incertitude de son comportement. Comment espérer obtenir un tel résultat ? En définissant des règles du jeu qui précisent ce qui, dans la relation, est acceptable et ce qui ne l’est pas, ainsi que la sanction qu’entraînera la transgression de ces règles.

Voir ci-dessous un extrait de la conférence donnée en 2011 devant l’ITSMF.

Souligner l’importance décisive de règles de vie qui donnent intérêt à bien faire, c’est  excellent ! Mais quelles règles ? Comment les mettre en place ? Comment les faire vivre ? Des réponses pratiques à ces questions sont proposées dans le Parcours IFMP…

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Prix Olivier Lecerf 2014

Décerné par l’Académie des Sciences Morales et Politiques, le Prix Olivier Lecerf distingue chaque année une personne, pour son action, ses travaux, conférences ou ouvrages illustrant l’approche humaniste du management des entreprises. Il vient d’être attribué à Nicolas Jeanson pour son livre « Replacer l’homme au cœur de l’attention – Chronique d’un sauvetage industriel ».

ASMP

 

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Coup de projecteur sur la souffrance éthique

« Que se passe-t-il lorsque des salariés sont obligés de consentir à participer à des actions que moralement ils réprouvent ? … Beaucoup font l’expérience de la trahison de soi et cela sape les bases éthiques de l’identité… Il en résulte une souffrance éthique, spécifiquement en rapport avec les conflits éthiques générés par l’organisation du travail. »

Le psychiatre clinicien Christophe Dejours  donne cet éclairage percutant lors de la table ronde organisée par les Mardis des Bernardins en partenariat avec les Entretiens de Valpré consacrée à « La morale dans les affaires, un voeu pieux ? ».

Loin de s’en tenir à la description d’un problème de fond de notre époque, Christophe Dejours souligne que le travail peut aussi générer le meilleur parce qu’il peut être un facteur d’accomplissement de soi, élément de la construction de l’identité et de la santé mentale. Et il pose un bonne question aux responsables : « pourquoi ça tourne au bonheur, pourquoi ça tourne au malheur ? » La réponse n’a malheureusement pas été apportée lors de ce débat. Il aurait fallu approfondir et illustrer les causes de cette souffrance éthique et en décrire les conséquences aussi bien sur les personnes impliquées que sur les organisations de travail. Et il aurait fallu remonter vers le rôle politique décisif des dirigeants. Le thème d’un prochain débat ?

L’intégralité de la table ronde peut être visionnée ici.

 

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Respect des personnes chargées de mission de service public

A la SNCF, tout est possible, avec en prime des idées d’avance…comme ce rappel aux clients affiché au guichet d’une gare provinciale.

Pièce jointe

Pourquoi donc brandir le code pénal pour faire respecter des guichetiers ? Ne méritent-ils pas d’être respectés d’abord en tant que personnes ? N’est-il pas pathétique d’invoquer le respect dû à leur fonction ? Cet avertissement est-il vraiment destiné à des clients agressifs ou ne sert-il qu’à afficher le soutien d’une Direction impuissante à un personnel stressé par des « incivilités » de plus en plus fréquentes ?

Dans quelle entreprise « normale » menacerait-on les clients d’une amende de 7500 euros pour des paroles, des gestes ou menaces adressés aux personnes chargées de leur rendre service ?

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La CGT condamnée pour détournements de fonds ! *

Douze condamnations, dont celles de la CGT et du journal L’Humanité, ont été prononcées mercredi par le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire des détournements de fonds de la Caisse centrale des activités sociales (CCAS), le puissant comité d’entreprise d’EDF-GDF.

cgt

« Huit personnes physiques et quatre personnes morales ont été reconnues coupables d’abus de confiance, de complicité ou recel de ce chef et condamnées à des peines de 2 mois à 18 mois avec sursis et à des amendes de 4.000 à 75.000 euros.
La justice leur reproche d’avoir détourné des fonds de la CCAS, le plus important comité d’entreprise de France doté d’un budget annuel de 400 millions d’euros, pour financer des prestations à la fête de L’Humanité et des emplois fictifs au bénéfice de la CGT et de la fédération des mines et de l’énergie (FNME-CGT).
Dans ses réquisitions, le procureur Serge Roques avait réclamé des peines de 6 à 18 mois avec sursis et des amendes moins élevées de 7.500 et 10.000 euros. Les avocats des prévenus avaient plaidé la relaxe.
Parmi les principaux condamnés, Jean Lavielle, ancien président du conseil d’administration de la CCAS présenté par le tribunal comme le personnage central du dossier, a écopé de 18 mois de prison avec sursis et de 4.000 euros d’amende. L’ancien directeur général de la caisse, Jean-Paul Blandino, a été condamné à 8 mois de prison avec sursis.
La sénatrice PCF Brigitte Gonthier-Maurin, reconnue coupable d’avoir occupé un emploi fictif payé par la CCAS, où elle était censée travailler auprès du président Lavielle alors qu’elle exerçait ses activités à la fédération du parti communiste des Hauts-de-Seine, s’est vu infliger 10 mois de prison avec sursis.
Parmi les personnes morales, la CGT et la fédération CGT des mines et de l’énergie (FNME-CGT) ont été condamnés à 20.000 euros d’amende pour recel d’abus de confiance.
La Société nouvelle du journal L’Humanité (SNJH) et l’Institut de formation de recherche et de promotion (IFOREP), financé par la CCAS et qui avait réalisé la captation des images de la grande scène de la fête de l’Humanité de 1997 à 2005, ont chacun été condamnés à 75.000 euros d’amende. Pour le tribunal, cette prestation avait été fournie sans réelle contrepartie et coûté 1,11 millions d’euros, entièrement pris en charge par la CCAS.« 

Ce jugement est prononcé après 10 ans d’instruction et trois semaines de procès, dans un silence médiatique assourdissant…

Ne pas désespérer Billancourt ?

* Source : dépêche AFP du 1 octobre 2014

 

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Les conseils aux patrons du « grand maître » du hand français

En quinze ans, Claude ONESTA a tout gagné sur la planète du Handball International. Coach emblématique de l’équipe de France, son caractère et ses succès exceptionnels dans la durée en ont fait un consultant sollicité aussi dans le monde de l’entreprise. Dans un article du Figaro du 27 septembre,  il décrypte sa méthode et fracasse au passage quelques idées reçues. Et notamment cette forme moderne d’exigence individuelle de résultats qui ne récompense que les meilleurs et a comme effet pervers la destruction de l’esprit de corps :

« si je payais mes joueurs aux buts marqués, alors ils ne se feraient plus de passes et on n’inscrirait plus de buts. »

Avoir des joueurs talentueux ne suffit pas, ce qui compte c’est de réunir dans la durée les conditions requises pour « bien faire ensemble ».

L’intégralité de l’article est accessible ci-dessous

 

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Moi, 
j’aime l’entreprise…

« Moi j’aime l’entreprise », cette déclaration d’amour du 28 août dite  dans l’intimité de l’université d’été du MEDEF par le Premier Ministre a déjà fait couler beaucoup d’encre. Certains ont salué un revirement politique tardif, mais rendu nécessaire par la situation calamiteuse de l’économie, tandis que d’autres ont dénoncé la trahison en rase campagne d’idéaux immémoriaux…Car en France, on en est encore à disserter sur le rôle de l’entreprise dans la création des richesses dont le Pays a besoin, du fait d’une vision dialectique des ressorts de l’économie qui rêve d’entreprises sans actionnaires ni patrons. Le combat idéologique et politique réamorcé à cette occasion va-t-il être utile et conduire à des changements dont le Bien Commun serait le principal bénéficiaire ? Qui ne le souhaiterait ?

valls-medef

Sur le fond cependant, n’est-il pas étonnant que le Chef de l’Exécutif ait éprouvé le besoin d’exprimer ceci : « La France a besoin de ses
 entreprises, de toutes ses entreprises (entreprises individuelles, PME, Start-ups, 
grands groupes). Car ce sont les entreprises qui, en innovant, en risquant les capitaux
 de leurs actionnaires, en mobilisant leurs salariés, en répondant aux attentes de leurs 
clients, créent de la valeur, génèrent des richesses qui doivent profiter à tous…Ce sont les entreprises qui créent des emplois…il n’y a pas d’emplois sans employeurs. »

Si le Premier ministre s’était contenté de rappeler des nécessités de bon sens, par exemple le rôle de soutien de l’État pour créer le meilleur environnement possible au succès des entreprises, y aurait-il eu débat ? Mais il a choisi d’utiliser un slogan simple en trois mots destinés à frapper l’opinion, dont le terme affectif central a provoqué la polémique. Là où est l’amour, la jalousie n’est pas très loin, surtout lorsqu’elle peut s’établir sur le terreau fertile de la lutte des classes…

Néanmoins, puisque le beau verbe aimer est en cause, il n’est pas inutile de s’en faire l’avocat et d’en préciser le sens.

Le dictionnaire de l’Académie Française propose les définitions suivantes :

  • être porté, attiré, entraîné vers quelqu’un par un penchant instinctif fait de désir et de sympathies mêlés
  • s’attacher à un être, se donner à lui, se dévouer à lui, en allant jusqu’à préférer son bonheur au sien propre
  • apprécier, estimer bon ou beau, trouver agréable

Le Premier Ministre éprouve-t-il un quelconque sentiment vis à vis de l’entreprise, qui le pousserait à se dévouer en sa faveur ? S’il n’avait voulu que souligner son appréciation, « j’aime l’entreprise comme j’aime le chocolat, les belles voitures ou les honneurs », y aurait-il de quoi fouetter un chat ? Ce n’est évidemment pas le vrai sujet…

Pour y voir plus clair, les Anciens nous offrent deux autres définitions : l’amour philia et l’amour agapè. Pour simplifier, disons que l’amour philia est du domaine du sentiment, de l’attirance, de la possession, du plaisir et de la satisfaction, tandis que l’amour agapè est du domaine de la volonté. Philia est plutôt égocentrique, alors qu’agapè est altruiste, parce qu’il recherche le bien de l’autre. Philia apparaît comme une facilité qui ne coûte rien, alors qu’agapè est un défi, comme le constatait déjà Euripide : « l’amour de soi passe chez tout le monde avant l’amour du prochain ». Et c’est là que le bât blesse, car comment aimer l’entreprise sans aimer de la même façon toutes ses parties prenantes ? Comment réussir sans réunir les conditions qui  donneront à tous un intérêt à coopérer en vue d’un bien commun ?

Si donc aimer c’est vouloir le bien de l’autre, que ce dernier nous plaise ou non, que de défis à relever pour les politiciens, les actionnaires, les patrons et dirigeants, les syndicalistes qui revendiquent tour à tour leur amour de l’entreprise…sans oublier naturellement les enseignants !

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