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Pouvoir de direction et contre-pouvoir syndical

Que faire quand le témoin d’huile de votre voiture se met à clignoter ? Vous avez le choix entre trois attitudes possibles. Première attitude, vous refusez d’en tenir compte et poursuivez votre route. Si le témoin continue de vous gêner, vous vous arrêtez, cognez sur votre tableau de bord jusqu’à l’extinction du fichu voyant et reprenez votre route…Seconde attitude, vous vous arrêtez parce que le manque d’huile vous inquiète. Et vous versez de l’huile sur …votre tableau de bord…et son témoin récalcitrant. Troisième attitude enfin, vous vous arrêtez, vous complétez le niveau d’huile du moteur et reprenez votre route, tout en notant de faire vérifier la consommation d’huile par un homme de l’art…

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Absurde ? Pas tant que cela quand on observe les relations entre Direction et Organisations Syndicales dans certaines entreprises. La première attitude correspond à une politique anti-syndicale, une lutte pour le pouvoir dont la finalité est la liberté de mouvement pour la Direction par la réduction au silence de l’adversaire syndical, voire son élimination. La deuxième attitude est une recherche d’achat de la paix sociale par  »en haut », par l’octroi d’avantages divers et variés aux interlocuteurs syndicaux en vue d’obtenir leur collaboration ou leur silence. La troisième attitude est faite d’écoute et d’intérêt pour les vrais problèmes de fonctionnement, en vue de les résoudre en s’attaquant à leurs causes.

On entend souvent dire que tout pouvoir a besoin de contre-pouvoir pour en limiter les abus, et que dans les entreprises le contre-pouvoir le plus approprié serait un syndicalisme qualifié de fort. C’est oublier un peu vite l’ensemble des contraintes de toutes sortes qui s’imposent aux dirigeants et qui en font tout sauf des monarques absolus. C’est surtout oublier que le contre-pouvoir le plus naturel au pouvoir est l’exercice de la responsabilité, qui tend à rendre son détenteur naturellement prudent.
Dans notre exemple ci-dessus, le pouvoir de direction de la voiture appartient au conducteur. C’est lui qui fixe la direction à suivre, règle la vitesse et le régime moteur en tenant compte du code de la route, des conditions de circulation etc. C’est lui qui répond des conséquences de la bonne conduite comme de la mauvaise. Face à une alerte de fonctionnement, c’est à lui d’évaluer la situation pour prendre la meilleure décision. En cas de mauvaise décision, c’est lui qui paiera la facture.

Le rôle du témoin d’huile (syndical) est d’alerter, pas de prendre le volant. Il est donc d’alerter à bon escient, ce qui suppose d’être assez crédible pour être écouté et faciliter la conduite à bon port du véhicule et de ses passagers. Certains observateurs pensent que ce serait un progrès de donner plus de pouvoir au témoin d’huile. Mais dans quel but ? Copiloter ? Arrêter la voiture ? Ce serait évidemment s’enfermer dans une impasse dialectique aux résultats stériles garantis.

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