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La subjectivité, cauchemar du manager humaniste ?

Qui n’a entendu dénoncer les méfaits d’augmentations individuelles, décidées « à la tête du client » ? Le raisonnement est toujours le même : si des éléments non mesurables sont pris en compte dans l’évaluation de la performance, c’est la porte ouverte à l’arbitraire et à l’injustice. Rien n’empêche alors les chefs de favoriser ceux qui leur sont agréables au détriment de ceux qui leur déplaisent. Car, voyez-vous, pour éviter l’injustice, il faut prendre des décisions de façon objective et rationnelle et donc exclusivement basées sur des chiffres. Ainsi fleurissent au nom de la justice les systèmes de rémunération au rendement, aux résultats ou à l’ancienneté voire au niveau de classification de la convention collective.

jekhyde

Mais en privilégiant cette approche réductrice des réalités du travail humain, que reste-t-il des meilleures intentions de reconnaissance des managers humanistes ? Que devient le souci pour la singularité des personnes ? Que deviennent les incitations à respecter les excellentes valeurs placardées sur les murs de l’entreprise ? Que deviennent l’entraide, la solidarité, l’esprit d’équipe, l’esprit de vérité, la fiabilité, le respect du domaine de responsabilité des autres, la force de proposition et la contribution au progrès etc ? Que deviennent ces attitudes et comportements, dont chacun peut observer l’importance décisive bien que non mesurable dans l’obtention des résultats individuels et collectifs, s’il n’en est jamais tenu compte ?

Dans un curieux dédoublement de personnalité, bien des patrons « humanistes » s’avèrent incapables d’intégrer « tout l’homme » dans les processus d’évaluation et de reconnaissance. En refusant de prendre en compte ce qui fait la spécificité du travail humain, ils contribuent à déshumaniser les lieux de travail. En outre, en privant les responsables d’équipe d’un moyen essentiel au plein exercice de leur métier, ils installent un climat de défiance dont ils ne mesurent pas la profondeur. Car, en préférant accorder leur confiance à des systèmes de mesure, ils communiquent leur méfiance vis à vis des capacités de jugement de responsables qu’ils ont pourtant choisis. Dans ce domaine, il est d’ailleurs curieux de constater que les organisations syndicales font cause commune avec les défenseurs de systèmes pervers qui, au nom de l’objectivité, de la justice et de l’égalité, ne font que renforcer le traitement inhumain des hommes qu’ils auraient pour mission de défendre.

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